Jeudi 22 Août - Retortillo de Soria > Fresno de Caracena - 24 km
26ème étape



    "Tu vois ce vide au-dessus de nos têtes ?
    C'est Dieu... Le silence, c'est Dieu, l'absence, c'est Dieu.
    Dieu, c'est la solitude des hommes"


    Jean-Paul Sartre




La Puerta de Sollera à la sortie de Retortillo de Soria



Une belle aube avec un soleil qui émerge comme un hymne à la beauté !





Fontaine à Tarancueña


2 oiseaux sont venus me tenir compagnie...


J'ai en face de moi les murailles rocheuses qui annoncent le Canyon de Caracena


Les roches aux formes et couleurs étonnantes...


Le sentier se faufile entre les pentes rocheuses...



Quelques spécimens de la colonie de vautours qui nichent dans ces murailles rocheuses...











Un muraille impressionnante...


Le sentier longe un arroyo...


... et parfois se fraye un passage au pied des éboulis...


L'arche où j'ai rencontré 2 randonneurs qui m'ont pris en photo


Je ne suis pas loin de la sortie du canyon...


...et voilà sur la hauteur le pueblo de Caracena


Caracena : La place centrale (Plaza Mayor)


La rue qui monte vers le bar et vers l'église


La iglesia de San Pedro à Caracena


Je suis sur la route des fontaines...


Ermita de la Virgen del Monte


Atalaya de Caracena, construction islamique du 10ème siècle (Tour de 9 m de hauteur)


Cette charmante espagnole de Madrid m'a invité dans son jardin et m'a offert de belles tranches de melon !


Une autre fontaine...








Ce gamin en vacances ici m'a réservé un accueil chaleureux...


La iglesia de Fresno de Caracena


 


    Je quitte cette belle Albergue de Retortillo à 7h. Je fais un petit détour pour admirer la belle porte médiévale à la sortie du

    pueblo "La Puerta de Sollera". Le chemin passe près de la Ermita de la Virgen del Prado et plus loin je rejoins une petite
    route que je vais suivre jusqu'à Tarancueña, pueblo situé à un peu plus de 7 kilomètres. Je profite de cet itinéraire sans
    difficultés pour me rémémorer quelques poèmes dont "La Prose du Transsibérien" de Blaise Cendrars, "Les Bijoux" de
    Charles Baudelaire et "Le Saut du Tremplin" de Théodore de Banville. Après une légère descente, la route monte jusqu'à
    près de 1300 m pour passer un petit col et ensuite elle redescend pour arriver à Tarancueña. Là, je fais une pause sur une aire
    de repos où se trouve une belle fontaine en pierre avec 2 oiseaux qui viennent s'y désaltérer.

    Très vite à la sortie de ce pueblo, le chemin s'engage dans cet impressionnant Canyon de Caracena que je vais traverser
    pendant près de 8 kilomètres... Le chemin se transforme peu à peu en sentier qui, soit longe l'arroyo bordé de belle
    végétation principalement composée de roseaux, soit affronte les pentes rocheuses avec quelques passages délicats.
    Je franchis 2 fois l'arroyo, qui finalement sur la fin du parcours se trouve asséché. Des vautours tournent dans le ciel
    au-dessus de moi ce qui donne à cet environnement un côté à la fois magique et funèbre... Non, ce n'est pas moi qui
    leur offrirait ma carcasse !

    Sur quelques passages en équilibre sur les rochers, il vaut mieux s'assurer, car avec le poids du sac on pourrait très
    vite être déséquilibré. La traversée de ce canyon est assez longue et nécessite 3 heures en comptant quelques pauses.
    Je rencontre 2 randonneurs lorsque j'arrive à une arche tout à fait spectaculaire et je profite de cette rencontre pour me
    faire prendre en photo devant cette architecture rocheuse naturelle.

    Arrivé presqu'à la sortie du Canyon, j'aperçois sur la hauteur le pueblo de Caracena dominé par son clocher.
    Une dernière grimpée un peu raide et me voilà sur la Plaza Mayor de cette localité. Un peu plus haut, je vais à
    l'unique bar du village pour boire une cerveza et manger des oeufs avec du chorizo.

    D'après les indications que m'avait fournies un ami Jean-Hugues qui a parcouru ce Chemin avec son frère quelques mois
    avant moi, il y a une Albergue privée tenue par la patronne de ce bar. C'est une grange aménagée avec SDB et cuisine.
    Mais quand je demande au jeune homme qui me sert si je peux dormir dans cette Albergue, il me fait comprendre qu'elle
    n'est pas disponible. Je suppose qu'il est le fils de la patronne et que c'est lui pendant l'été qui occupe ce logement.
    Il me propose de dormir dans l'église où il n'y a ni matelas, ni eau, ni WC...

    Je décide alors de continuer jusqu'à Fresno de Caracena, pueblo situé à 8,5 kilomètres. Je reprends mon sac, je fais une halte
    dans l'église tout en haut du village et je continue la route qui porte bien son nom "La route des fontaines" car ce n'est pas
    moins de 5 fontaines que je vais trouver sur cet itinéraire et cela pour mon plus grand plaisir, car la chaleur est à nouveau
    au rendez-vous et j'aurai de quoi me rafraîchir !

    Après 3 kilomètres, comme je marche sur une petite route qui longe une propriété, une femme en train de jardiner
    m'interpelle et me demande si j'ai besoin de quelque chose... Devant mon hésitation, elle m'invite à entrer et à prendre
    un moment de repos à l'ombre d'une pergola. Pendant ce temps elle me prépare 2 belles tranches de melon dont je vais
    me régaler pendant que nous échangeons quelques paroles. Elle est madrilène et vient ici en vacances. Son mari et ses
    fils sont partis pour une randonnée à bicyclette et elle les attend pour déjeuner. On fait un selfie et je ne m'attarde pas
    car je voudrais arriver à l'étape de bonne heure.

    Un peu plus loin, à Carrascosa de Abajo je fais une nouvelle pause assis sur les marches de l'église.
    La dernière partie de l'étape en suivant cette petite route est agréable. C'est souvent ombragé et tout le long il  y a de
    l'eau qui coule. J'en profite pour faire une nouvelle pause et pour rafraîchir mes pieds en les plongeant dans l'eau.

    Enfin arrivé à Fresno de Caracena, terme de mon étape, je demande à une dame où se trouve l'Acogida Municipal
    qui est mentionné dans le Guide Espagnol. Comme elle m'indique la direction de la maison où habite le Maire,
    un jeune garçon à bicyclette me propose de m'y accompagner. Il est aussi en vacances ici avec sa famille et comme
    il étudie le français à l'école, il est tout content de pouvoir échanger quelques mots avec moi.

    Je rencontre le maire qui me conduit à un premier local où sont entassés des matériaux et des détritus et restes de
    soirées bien arrosées... Devant ma mine déconfite, il m'emmène à un autre local où il y a une banquette pour dormir,
    une table, un lavabo et des WC. Bon, cela me conviendra et de plus c'est gratuit !

    Entre temps ce jeune garçon demande à son père s'ils peuvent m'apporter à dîner, car il n'y a ni tienda, ni bar dans
    ce pueblo ! Le père me propose gentiment de m'apporter des crudités, du poulet et du vino tinto !
    Bon, tout se présente bien et vers 20h, je commence à attendre ce dîner surprise !
    20h30...21h...21h30...Personne n'est venu ! Je ne comprends pas ce qui s'est passé...mais la réalité est bien là !
    Pas de dîner ! Bon, je mange l'orange que la dame rencontrée dans son jardin m'avait donnée et je me couche...
    Je ne saurai jamais la raison pour laquelle ce dîner proposé si gentiment n'est jamais arrivé !!!

 

Hébergement à Fresno de Caracena :
Acogida Municipal - Tél. 975 363 023

2 coquilles




    Un jour  (Par la fissure de mes mots)

    Un jour je renierai ma mère, les yeux fermés
    j'irai sans vagues ni bateaux dans mes prunelles
    affronter la sécheresse et les immeubles en verre
    d'où l'on apprend à aimer la beauté froide des palissades

    Un jour, je renierai la mémoire de mes sens,
    j'irai avec sous mes pieds l'odeur des algues broyées,
    avec, sous mes bras des éclats d' embruns en bandoulière

    Un jour, je renierai la douleur de ma naissance,
    j'irai sans estampes ni mains offertes pour retenir le sel de mes larmes

    J'irai sans bâton ni colère dans mes entrailles

    Un jour, bientôt peut-être, j'apprendrai à courir
    sans rêver de soleils verts, de rire en cascade et de nasses folles
    mais aujourd'hui mon île a plié son aile
    et j'y blottis ma peine d'oiseau écartelé entre l' incertitude
    et l'envol dans la beauté émeraude de son histoire frémissante


    Evelyne Trouillot
     

 Etape suivante 

 
Retour à la page des étapes