Jeudi 6 Août 2020 - Chaumont > Seyssel - 18 km

 


    Vous êtes nés libre.

    Vous avez été simplement conditionné pour l'oublier.

    Des couches et des couches de conditionnement ont fait de vous une marionnette
    .


    Osho Rajneesh

 



En quittant Chaumont...


Les ruines du Château qui surplombe Chaumont



De beaux passages en sous-bois...







                                     
Eglise Saint-Aquilin à Frangy                                        Eglise Saint-Laurent à Desingy


Rencontre avec un couple d'alsaciens qui marchent vers Genève...

                    
Un temps de marche et de partage avec Sophie...


Adieu...


Une belle vue sur un méandre du Rhône...


Arrivée à Seyssel, commune dont une moitié se trouve sur la rive gauche du Rhône
l'autre moitié sur la rive droite (Département de l'Ain)


Le Pont de la Vierge Noire sur le Rhône à Seyssel



La ville de Seyssel dominée par son église au bord du Rhône...

                                                                
Détails du pont et de l'église...


Dîner le soir avec Bettina et Joanna...

                      
2 italiens et Joanna, pèlerine allemande...


Bettina, pèlerine autrichienne...

Seyssel

     

    Étape de 18km - Chaumont, Frangy, Desingy, Seyssel avec 395 m de dénivelé positif et 780 m de dénivelé négatif.

    Je me lève avec en face de ma chambre un beau lever de soleil sur le Mont-Blanc. 
    Après le petit-déjeuner préparé la veille par mon hôtesse, je prends le Chemin à 7h30.
    Après 1km ou 2, comme je commence à me remémorer quelques poèmes appris les années précédentes,
    je suis rejoint par une pèlerine de la région parisienne... Je range mes poèmes dans ma poche et nous marchons ensemble.
    C'est son premier Chemin et elle porte un sac de 15 kgs, avec tente, réchaud et nourriture... 

    En 5h de Chemin, nous aurons le temps d'avoir un partage de nos vies très profond et d'une grande richesse...
    Ça c'est un des miracles du Chemin quand on est pèlerin, et qui ne se produirait pas si on était simple randonneur..
    Un peu avant Seyssel au bord du Rhône, on se quitte. 
    Elle souhaite aller plus loin, ne disposant que de 10 jours pour arriver au Puy-en-Velay.

    Il semblerait que sur ce Chemin j'aurais peu de temps pour les poèmes,
    me rendant de préférence disponible aux rencontres, ce qui se produit depuis le premier jour...

    Quant au reste, les paysages, les sentiers en forêt, les villages avec leurs petites églises, les vaches dans les prés,
    la beauté de la nature environnante, tout cela est traversé comme on tournerait les pages d'un beau livre d'images...

    J'arrive vers 14h dans un camping au bord du Rhône alors que la chaleur grimpe d'heure en heure...
    J'avais réservé et on me donne une cabane en bois avec un grand lit. Le bâtiment des sanitaires est juste en face.
    Comme il est tôt, je vais à la base de loisirs à 25 minutes, où se trouve contigu au Rhône un grand lac
    où je me baigne avec délice. 

    Le soir je retrouve Bettina l'autrichienne et Joanna l'allemande et nous dînons ensemble au restaurant du camping.
    Un peu plus tard se joignent à nous 2 italiens de Milan qui descendent sur Les Saintes Maries de la Mer.
    La soirée se prolonge avec force discussions en anglais, italien, français... On arrive à se comprendre...
    Et on termine avec quelques verres de Génépi !!!
     

 

Hébergement au Camping Le Nant Matraz
15 Route de Genève
74910 Seyssel
Tél. 04 50 48 56 40
Cabane en bois avec un lit et l'électricité (25 €)
Dîner au restaurant du Camping
4 coquilles

 



La ville de Seyssel au bord du Rhône avec son église et le pont de la Vierge Noire

 


    Ulysse

    J’étais un grand poète né pour chanter la Joie
    — mais je sanglote dans ma cabine,
    des bouquets d’eau de mer se fanent dans les vases
    l’automne de mon cœur mène au Père-Lachaise,
    l’éternité est là, œil calme du temps mort
    est-ce arriver vraiment que d’arriver au port ?
    Armand ta cendre pèse si lourd dans ma valise.

    Voici ta vie immense qui fait sauter les ponts.
    Tu sais nager, je sais, mais que le fleuve est long !
    Nous étions écrasés par cette lumière inhumaine.
    Pourquoi chanter à tue-tête ? Gorge pleine
    Qui ne demande qu’à chanter ?
    Si le château était hanté ?
    si les dieux s’amusaient à nous prendre pour cible ?
    Tu es entré vivant aux mains du dieu terrible
    et jusqu’à la mort tu es resté vivant…
    … Que le flot ne veut-il m’emporter ?
    Océan
    ta vague furieuse fouette le vieil automne !

    A l’hôpital cette blancheur d’angoisse, jaune,
    Que de bateaux chassés ici par les typhons,
    blessés dans leur ferraille tendre
    ont coulé par le fond !
    Des visiteurs parfois y entrent en scaphandres
    qui gardent en esprit la corde qui les lie
    au monde extérieur. Ils pensent à ce monde
    tout le temps qu’ils sont là, penchés sur quelque lit,
    et les mourants y pensent aussi et des bulles d’air montent
    à la surface. Mais que font donc les vivants ?
    qu’attendent-ils pour mettre en marche les poulies ?
    Le film, le film est-il tellement captivant
    que projette la mort sur l’écran de la vie ?
    Oh que ta voix est lasse
    laisse-moi près de ta voix
    splendide, tu jouais avec le ciel d’en face
    je veux dormir près de tes mains
    le grand rideau tombait avant la fin et cependant
    la vie applaudissait de se sentir émue
    dans les cris d’autobus, les accidents, les bris,
    elle applaudissait à tout rompre
    - pourquoi ne pas venir saluer le public ?
    Une aube d’au-delà sur ton visage tremble…

    Ami, ami nous étions venus de loin, ensemble,
    unis comme les branches des ciseaux
    pépins d’un même fruit
    le même rêve à partager, le même pain
    la même soif plus grande que le monde.
    Nous avions de quoi conquérir plus qu’un monde :
    Nous aura-t-on trompés, rusés ?
    Sisyphe, vieux Sisyphe que tu es donc usé !
    Céderas-tu ? consentirais-je
    au seul droit de la force ?
    Ce n’était rien, un piège.
    Il ne faut pas céder. Pas d’issue, pas d’issue !
    Ils doivent périr ou vaincre ceux qui n’ont point d’issue !


    Quelle barque jamais, au royaume des cieux,
    aborda sans péril, par calme plat ? Tes yeux
    se sont peut-être ouverts ailleurs. Mais la tempête
    ce soir t’a rejeté sur nos bords. Salut mouette !
    Entends-tu l’océan pendant que tu es là ?
    Tu es au moins aussi vivant que moi,
    tu es mon rire et ma mémoire
    je suis enceinte de ta mort
    je te porte plus haut que mon buste,
    je hais la mort, je hais la vie.
    J’ai si grand pitié des hommes
    je me hais et je m’aime
    pardonne-moi d’être vivant, d’écrire des poèmes,
    je suis encore là mais je parle aux fantômes !
    Est-il réponse ou non aux questions de l’homme
    quelque part ? Et le dieu existe-t-il, le Dieu
    d’Isaïe, qui essuiera toute larme des yeux
    et qui vaincra la mort –
    quand les premières choses seront évanouies ?


    Benjamin Fondane
     

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