Le Chemin Côtier Portugais
Redondela > Pontevedra - 22 km
Dimanche 22 Septembre 2024

11ème étape

 

Nous portons en nous des merveilles
que nous cherchons en dehors de nous...


Thomas Browne

 


         
La sortie de Redondela...


Une sculpture naturelle...


Témoignages des nombreux passages de pèlerins...

         

...On approche de Santiago (On est dans les 100 derniers kilomètres)...







Dernières vues sur la Baie de Vigo








Petit oratoire pour laisser une trace de son passage...





Je retrouve ces "Horreos" emblêmes de la Galice...



Le Pont médiéval d'Arcade...





Une canne à pêche improvisée...

         
                                                                            Quelques passages en forêt...


Encore de nombreux témoignages de pèlerins...



Un stand qui offre boissons, fruits et gâteaux (Donativo)...

On est à l'abri de la pluie sous ces grandes tentes...






Les vignes en treilles...








...Il y a du monde !...



Entre fougères et eucalyptus...

              



Encore un "Horreo" typique de la Galice...






Pontevedra


Hôtel de Ville de Pontevedra


Les ruines de Santo Domingo

        
                                                                                Église de la Virgen Peregrina

         
                  La Virgen Peregrina                          Saint Roch mon compagnon de Chemin



Couvent de San Francisco

         


         

Basilique de Santa Maria la Maior




        
 
Les rues de Pontevedra...

Profil de l'étape


    Dimanche 22 septembre
    Chemin Portugais par la côte - Senda Litoral
    11ème étape de Redondela à Pontevedra - 21 km


    Je quitte l'hébergement à 7h et je vais prendre un petit déjeuner dans une Pasteleria.
    Le temps est gris et il fait assez doux.

    Une alternance de petites routes et de beaux passages en forêt.
    Traversée de quelques localités et une suite de dénivelés assez prononcés.
    On a encore de belles vues sur l'extrémité de la baie de Vigo que l'on traverse en empruntant un beau
    pont médiéval à 8 ou 9 arches. Une partie de l'itinéraire se fait en suivant une voie romaine...

    À mi-parcours, la pluie fait sortir capes et parapluies mais ne dure guère plus de 20 minutes...
    Tout le long de l'étape, il y a des stands qui proposent tout ce que le pèlerin peut souhaiter pour se
    rafraîchir où se nourrir... Il y a aussi des petits stands qui proposent de l'artisanat local.

    Alors qu'on est encore sous la pluie, j'arrive à un espace où il y a une grande tente sous laquelle on peut
    s'abriter et s'asseoir sur des ballots de paille et consommer boissons et gâteaux...
    Pour moi qui ai fait beaucoup de chemins en solitaire, avec très peu de pèlerins rencontrés, le contraste
    est énorme... Des files de pèlerins qui se suivent de toutes nationalités, certains portant de gros sacs,
    d'autres de petits sacs tout légers, des jeunes, des plus vieux, des grands, des petits, des femmes toutes
    menues, asiatiques, sud-américaines etc...

    J'ai rencontré une japonaise et un petit homme des Philippines...
    On se salue, on s'apostrophe, et l'expression "Buen Camino" est sur toutes les lèvres...

    J'ai eu par moment l'impression de participer à une marche pour une cause
    comme par exemple une Marche pour la Paix..
    Comme on est dans les 100 derniers kilomètres c'est sûr qu'il y a beaucoup d'espagnols qui viennent
    pour obtenir la Compostela.

    Les derniers kilomètres qui mènent jusqu'à l'entrée de Pontevedra le long de la route sont assez fatigants,
    mais ne font pas oublier les belles traversées de forêt avec ces magnifiques eucalyptus très élancés.
    J'ai retrouvé la belle Galice que j'aime avec ses vergers de pommiers et ses vignes en treille.

    Pontevedra est une assez grande ville avec près de 90.000 habitants.

    "Pontevedra, ville de longue tradition maritime et marchande, conserve une des vieilles villes historiques
    les plus importantes et élégantes de Galice. Près de la ria de Pontevedra, l'ancienne grande ville étend son
    enchevêtrement de rues et places qui recèle d'importantes édifications civiles et religieuses."


    J'ai pris le temps dans l'après-midi de faire un tour dans la ville et de visiter l'église de la Divina Peregrina
    ainsi que la Basilique Santa Maria la Mayor. C'est dimanche, il fait soleil et il y a du monde partout.

    J'étais déjà passé à Pontevedra en 2007 quand j'avais parcouru le Chemin Portugais par l'intérieur,
    mais je ne me rappelais pas que c'était une ville aussi agréable et riche en monuments...

    Maintenant c'est l'heure de dîner et je vais essayer de trouver le restaurant qui me conviendra....

     

 


    Récit de Raphaël Chouraqui (Copié avec son autorisation sur les publications FaceBook)
    Octobre 2025


    Redondela - Pontevedra 21 km :

    L'Étape décimale, entre brume, pluie et boue...

    À huit heures du matin, les bars de Redondela sont en effervescence, animés par la foule des pèlerins en
    quête d'une boisson chaude pour leur petit déjeuner. J'apprécie cette atmosphère matinale où se côtoient
    pèlerins et travailleurs qui s'apprêtent à entamer une nouvelle journée. Dans les rues, le silence de la nuit
    galicienne n'était rompu que par la pluie, une pluie tenace, drue, qui s'était faite mon alliée forcée dès la
    sortie de Redondela. Ma dixième étape, a été tout le long un trait d'union humide entre Redondela et
    Pontevedra.

    Dès le levé, j'ai ressenti cette impulsion à me vêtir de ma cape de pluie, un poncho vert-gris qui se fondait
    dans l'aube sombre. La pluie du matin n'arrête pas le pèlerin dit-on, mais tout de même, un bon lit chaud
    et une grasse matinée dans l'épaisseur du sommeil matinal auraient été les bienvenus...
    La cohorte des pèlerins se formait, spectres lumineux dans le crépuscule.
    Chacun portait sa couleur, un rouge vif, un jaune fluorescent, des teintes criardes qui défiaient la grisaille.
    Nous étions une troupe d'ombres mouvantes, une procession de capes de pluie colorées sur l'asphalte luisant.
    À chaque pas, le sol renvoyait le reflet brouillé des réverbères, et l'odeur de terre mouillée montait.

    La route nous a d'abord menés vers les hauteurs. La rumeur disait qu'il y aurait de « bonnes grimpettes »,
    et elles n'ont pas tardé. La boue, d'abord timide, s'est faite par endroits plus envahissante, aspirant nos pieds
    comme une ventouse. L'effort était double : lutter contre la pente et la pénétration insidieuse de l'humidité.
    L'eau ne se contentait plus de glisser sur le ciré, elle avait trouvé les brèches, se frayant un chemin par le col,
    par les poignets, s'infiltrant jusqu'à la peau. Bientôt, la chemise était une seconde peau froide, et la douleur,
    la compagne familière du pèlerin, se réveillait, ravivée par l'humidité constante. Ce n'était pas seulement
    la fatigue des muscles, c'était une souffrance sourde musculaire et osseuse, une plainte de l'organisme contre
    les éléments...

    Pourtant, au détour d'une montée, le ciel a semblé s'éclaircir un instant, offrant un cadeau fugace :
    Les dernières vues sur l'océan. La Ría de Vigo, vaste étendue d'argent et de brume, s'étalait en contrebas.
    C'était un adieu à la mer, une promesse de l'intérieur des terres, mais aussi une vision de beauté absolue
    qui justifiait chaque goutte de sueur. Ces vues étaient le dernier lien avec l'horizon marin, avant que la forêt
    et la route ne reprennent leurs droits.

    Après les premières grimpettes et la bataille intime contre la pluie qui s’était faite chair, est apparu le Pont
    de Ponte Sampaio. Il n'était pas un simple ouvrage d'art, mais un géant de pierre voûté, drapé dans la brume
    matinale, enjambant le Río Verdugo. Il portait le poids des siècles. On disait que les légions romaines avaient
    foulé son ancêtre, et que les hommes de Galice y avaient écrasé les armées napoléoniennes.
    À cet endroit précis, on ne marchait plus sur l'asphalte glissant, mais sur l'Histoire elle-même...

    Enfin, les premières bâtisses de Pontevedra sont apparues. Les dos étaient courbés, mais les cœurs légers.
    L'entrée dans la ville, même sous la pluie qui redoublait, était une victoire. La récompense, ce n'était pas
    l'arrivée elle-même, mais la promesse immédiate d'un refuge bien sec et chaud. La douche, cette bénédiction
    du soir était la bienvenue. L'eau chaude a coulé, longue, réparatrice, chassant le froid glacial. Elle a lavé la
    fatigue, rincé les douleurs et laissé place à une sensation de chaleur réconfortante. Puis, le rituel sacré de la
    faim apaisée : le casse-croûte. Un simple bout de pain, de la charcuterie locale avec une boisson gazeuse bien
    connue. Ce repas n'était pas un festin, mais le carburant de l'étape passée et la promesse de la suivante...

    Dix étapes déjà accomplies et plus de 200 km, qui s'effaçaient dans la vapeur de la douche, remplacés par la certitude d'être plus proche qu'hier de Saint-Jacques de Compostelle...

     

 


Hébergement Hostel Charino à Pontevedra
Rúa Paio Gómez Charino, 19
Petit dortoir de 4 lits avec casier rangements
C'est tout neuf et bien agencé
Petit déjeuner super
4 coquilles



 

 



 

 


Astorga / Rabanal del Camino  


J’ai marché pour ceux qui ne peuvent plus,
pour la femme, celle qui doit réapprendre


Un pied devant l'autre 


J’ai retrouvé le chemin perdu
Celui que j’avais laissé naguère
Baigné dans la lumière
Au matin frissonnant,
Eclaboussé de fleurs !
Papillons, genêts blancs,
Orées de sapins verts.
A l’horizon, la montagne
S’étire paresseusement.

Et je parle Italien,
Germanique, Ibérique
Danois, voire Chilien !
C’est tout un chatoiement
De clins d’œil, de saluts
C’est une symbolique
Qui nous ouvre l’esprit
Et qui nous rend plus grands.

Je mesure la chance
Que j’ai d’être ici-bas !
Et de pouvoir poser
Un pied, juste après l’autre
D’abord, le ‘gauche’
Et juste après, ‘le droit’
Comme il semble facile
Ce parcours de galoches !

Ne vous y fiez pas
Car, à chacun, il coûte
Quelque effort et douleur,
Mais donne tant de joie.
Apaise la rancœur,
Fait reculer le doute
Il draine la pensée
Vers ceux, ne pouvant pas,
Malades ou ‘fracassés’
Le physique en déroute.

Femme, tu reconstruis
Patiemment ton corps,
Ton chemin est petit
Si grand est ton effort
Que je salue ici
Ton courage et ta force.
Tu es à mes côtés
Tu sais voir sous l’écorce.

Tu restes vulnérable
Et a besoin d’amour
Si le chemin est dur
Et si le sort est bas
Ton esprit audacieux
Plus haut s’envolera.
Reste ma sœur aînée…


Rabanal del Camino le 28 mai 2004

Alain Puyssegur

 

 

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