Le Chemin Côtier Portugais
Carreço > Caminha - 20 km
Mardi 17 Septembre 2024

6ème étape

 

L'Amour a un caractère si particulier
qu'on ne peut le cacher où il est
ni le feindre où il n'est pas.


Madeleine de Souvré

 



Une grande étendue de maïs...



Quelques passages pavés qui fatiguent les pieds...

             


                                         
Église de Vila Praia de Ancora                                                                                                          




                                  










Le Rio Miño (Minho) qui constitue la frontière entre le Portugal et l'Espagne














Je longe l'embouchure du Rio Miño pour entrer dans Caminha...



Quelques vues de cette charmante cité...
Caminha

        






Torre do Relógio de Caminha


Une jolie petite place pour un moment de détente avec un Porto-Schweppes...





 

Profil de l'étape


    Mardi 17 septembre
    Chemin Portugais par la côte - Senda Litoral
    6ème étape de Carreço à Caminha  - 20 km.


    Aujourd'hui pas de pavés...
    Je prends la nationale pour ménager mes pieds qui ont souffert les jours précédents sur les routes pavées.
    Il y a un espace suffisamment large le long de la route pour ne pas être en danger, car la circulation est
    importante. Je profite de cette marche facile pour me remémorer un certain nombre de poèmes appris
    sur les Chemins...  Ainsi, au bord d'une route, je peux déclamer à haute voix sans gêner personne...

    Je quitte cette nationale pour retrouver l'itinéraire fléché à Vila Praia de Āncora. À partir de là, je marche
    sur une piste le long d'une route secondaire avec sur ma gauche une voie ferrée.
    (J'ai dû louper un embranchement pour aller au plus près de l'océan)
    Arrivé à la localité suivante, Moledo, je m'arrête dans un bar pour boire un Coca et manger 2 pinchos.

    Il reste 4 kilomètres que je fais en suivant l'itinéraire sur une piste piétonnière qui débouche sur la rive
    du fleuve Minho qui à ce niveau est très large et que j'ai déjà traversé 2 fois sur le Camino de Invierno.
    Après 500 m le long du fleuve, j'entre dans Caminha et j'arrive sur une jolie place avec des bars et des
    restaurants.
    Je vois qu'il y a un Centro de Saude pas très loin, où je pourrais me faire soigner les pieds...
    500 m de plus pour rien, c'est fermé jusqu'à 15h. Je retourne sur la place et je bois un Porto-Schweppes
    en attendant de pouvoir aller à mon hébergement.

    À 16h, je retourne au Centro de Saude où j'attends presqu'une heure...
    Qui dit que le chemin ce n'est que du bonheur ! Eh ! Ce n'est pas toujours le pied !!
    Enfin l'infirmière m'a mis de bons pansements qui devraient tenir jusqu'à demain soir ..

    C'est la dernière étape au Portugal ! Demain je traverse le Rio Minho et j'entre en Espagne (Galice).

     

Caminha


    Récit de Raphaël Chouraqui (Copié avec son autorisation sur les publications FaceBook)
    Octobre 2025
    De Vila Praia de Âncora à Guarda (Espagne) - 15 km

     
    Des Brumes du Portugal à l'Espagne.
    Vila Praia de Âncora et la Cime Celtique de Santa Tecla de Guarda.


    La lumière naissait à peine, ourlant d’or le ciel de Villa Praia de Âncorā, le petit port de pêche était encore
    endormi. Chez la belle allemande Hannah venue s'expatrier avec son fils au Portugal, on profite d'un
    ultime et vivifiant élan de l'âme portugaise en dégustant un petit-déjeuner.

    Mais l'appel du Chemin nous tirait de ce moment délicieux.
     Nos pas s'engagent maintenant sur la croisette
    piétonnière de la baie frappée par les assauts incessants des vagues, puis se firent plus pressés, vers l'horizon
    atlantique. L'aube ce matin-là sur la côte, est une promesse de belle journée. J'avoue qu'on a de la chance
    depuis notre départ de Porto : Que du beau temps tous les jours !

    Les premiers kilomètres s'étirent doucement, plats et magnifiques, plus faciles après les 100 premiers km
    que l'on vient de parcourir depuis notre départ de Porto. J'en profite pour ralentir le pas et me mettre dans
    l'état d'une marche méditative, rythmée par le ressac et le cri des mouettes, les poumons gorgés de cet air pur,
    mélange subtil de résine de pin et d'iode marine. Le chemin, tantôt piste battue, tantôt ponton de bois suspendu
    au-dessus des dunes fragiles, et de quelques sous-bois de pins et de chênes, déroulait son ruban le long des
    plages avec des paysages et des spectacles d'une beauté inouïe.

    Après quelques kilomètres, je m'arrête près d'une grève recouverte de galets pour édifier quelques "cairns"
    annonymes en l'honneur de notre passage. Nous traversâmes, tels des fantômes matinaux, des bourgades
    endormies, laissant derrière nous les ruines mélancoliques du petit fort à Vila Praia de Âncora.

    L'étape, bien que courte et régulière ne céda jamais à la monotonie.
     
    Après une marche très cool, c'est à
    l'heure où le soleil s'approchait du zénith que nous atteignîmes Caminha. Là, au confluent solennel du
    Rio Minho et de l'océan, la petite ville historique offrait son refuge, face à l'énigmatique Fort d'Ínsua,
    promesse d'une rive nouvelle et d'un nouveau chemin...

    C'est près de l'embarcadère des "Taxis-Boats" que Roberto Angelo nous accueille pour nous proposer un
    tampon à la cire sur notre credential. Roberto Angelo vit sur le Chemin depuis plus de 10 ans avec sa petite
    chienne York, sa tente et son énorme sac a dos. C'est un type super. Il a fait le tour de tous les Chemins
    d'Espagne, du Portugal et d'Italie, jusqu'au Tibet... Une vie choisie d'errance et de rencontres.
    Comme il le dit dans son jargon "Stop and Walking",  Le Minho est là. Ce fleuve majestueux était la ligne de partage, le point de bascule. À Caminha s'achevait le Portugal, et commençait l'Espagne.

    Le chemin nous imposait cette traversée, défi symbolique et très agréable d'une frontière naturelle.<
    Délaissant la longue boucle terrestre, de l'estuaire que l'on venait de traverser...

    Monter à bord du petit esquif fut un soulagement, l'instant suspendu d'une attente comblée. La traversée ne
    dura qu'un quart d'heure, au milieu des flots élargis par l'océan, le vent se fit plus âpre, et l'âme sentit l'intensité
    du passage. Le Minho s'élargissait en un estuaire immense, et sur l'autre berge, la Galice se dessinait, abritant
    la ville de A Guarda. Le débarquement sur le sol espagnol, à Camposancos, fut la fin de la traversée qui fut une
    étape en soi. Le Portugal n'était plus qu'un souvenir doux derrière le miroir changeant de l'eau.

    À A Guarda petit port de pêche accroché à la montagne, le Chemin se redressa brutalement. Après les kilomètres
    de plat, se dresse le Monte Santa Tecla (ou Santa Trega) qui abrite les ruines d'un village celtique, témoignage
    d'une présence humaine antérieure de milliers d'années à la construction du village celte, reliant le sommet à
    une spiritualité immémoriale et tellurique. Le Monte Santa Tecla but ultime de notre étape, n'est donc pas une
    fin, mais un point culminant où se rencontrent le voyageur moderne et les fantômes d'une civilisation engloutie.

    De cette belle étape, je garderai surtout le souvenir de Roberto Angelo ce "vagabond du chemin" qui est un
    archétype puissant de bonté, de générosité et d'humilité : Un homme qui se met volontairement (ou non) en
    marge pour embrasser l'incertitude, faisant de chaque pas le seul horizon.

     

 


    Hébergement Design et Wine Hotel
    Praça Conselheiro Silva Torres, 8  -  Caminha
    Hôtel 4 étoiles - Très confortable - Prix Pèlerin
    Dîner au restaurant sur place.
    4 coquilles


     

 


 


Sevilla

Séville au carrefour
Des cultures multiples
Des enjeux, des pouvoirs
De la terre et des arts.
Sourate du Coran,
Ou chapitres bibliques
A la croisée d’alors
L’orient et l’occident
Sont entrés en fusion
Au long creuset du temps

Séville aux jours de feu
Fière amante andalouse
J’ai posé un baiser
Sur tes lèvres ‘Carmin’
Alors tu t’es cabrée
Belle femme jalouse
Et incurvé tes reins
Flamenco et Carmen

Séville aux nuits blessées
Et brûlantes de fièvre,
Tu mires dans le ciel
Tous tes portails cloutés
Tu as, je le sais bien
Mille chants sur tes lèvres
La gorge déchirée
Par un sanglot gitan
Tu dardes ton orgueil
Et crucifies le rêve,
Puis tu le magnifies
Dans un envoûtement.

Mille fois le soleil
Irradie tes coupoles
Multipliant l’éclat
Des grenats, des serments
Caressant, sublimant
Tes ors et tes symboles
Les drapant lentement
Dans son déclin couchant.

Alors, dans tes jardins
Aux essences d’orange
Sous la voûte bleutée
Je me perdrais sans fin
Rêvant secrètement
Aux caprices étranges
Qu’une vierge inconnue
M’offrirait au matin


Guilléna 23 avril 2005
Alain Puyssegur
 

 

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