Jeudi 29 Septembre 2016
Santiago

 


    Chant d'automne

    Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ; 
    Adieu, vive clarté de nos étés trop courts ! 
    J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres 
    Le bois retentissant sur le pavé des cours.

    Tout l'hiver va rentrer dans mon être : colère,
    Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
    Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
    Mon cœur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé.

    J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;
    L'échafaud qu'on bâtit n'a pas d'écho plus sourd.
    Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
    Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

    Il me semble, bercé par ce choc monotone,
    Qu'on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
    Pour qui ? - C'était hier l'été ; voici l'automne !
    Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

    II

    J'aime de vos longs yeux la lumière verdâtre, 
    Douce beauté, mais tout aujourd'hui m'est amer, 
    Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l'âtre, 
    Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.

    Et pourtant aimez-moi, tendre cœur ! soyez mère,
    Même pour un ingrat, même pour un méchant ;
    Amante ou sœur, soyez la douceur éphémère
    D'un glorieux automne ou d'un soleil couchant.

    Courte tâche ! La tombe attend ; elle est avide !
    Ah ! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,
    Goûter, en regrettant l'été blanc et torride,
    De l'arrière-saison le rayon jaune et doux !


    Charles Baudelaire

     


Le plaisir est le bonheur des fous.
Le bonheur est le plaisir des sages.

 
Jules Barbey d'Aurevilly







La queue pour recevoir la Compostela au Bureau des Pèlerins

          
Pèlerine à pied et Pèlerin à cheval...


Le haut de la Torre da Berenguela

                                 


                                 
La statue de Saint-Jacques Pèlerin et celle de Saint-Jacques Matamore




    



La queue des touristes et pèlerins pour entrer dans la Cathédrale par la Porte Sainte


Les Tiraboleiros qui vont mettre en mouvement le
Botafumeiro


Rua do Franco


Le déjeuner avec Gilles et Danielle


Un pigeon s'est invité...

                               



L'entrée du Seminario Mayor où j'ai ma chambre


Une statue de Saint-Martin de Tours

                                       

Au hasard de ma visite autour de la Cathédrale...

                                       






Concert sur la Praza das Praterias

                                        
A gauche, l'ombre du pilier le soir qui dessine sur le mur la forme d'un pèlerin ! Étonnant !!


L'entrée qui mène à la Porte Sainte


La Praza da Quintana de los Muertos avec au-dessus des escaliers au fond
la Praza da Quintana de los Vivos



 
La gare de Saint-Jacques de Compostelle


    Je prends mon petit-déjeuner Rua das Carretas après être passé au Bureau des Pèlerins qui
    ouvrait à 8h, où j'ai reçu ma Compostela ainsi qu'un document relatant les distances parcourues
    sur mes Chemins. Je vais ensuite à la Cathédrale où j'assiste à une messe en Français dans la
    chapelle San Salvador avec le groupe d'accueil francophone.

    Je fais ensuite quelques visites dans les nombreux magasins du quartier et je retourne à la
    Cathédrale pour assister à midi à la messe des pèlerins et à la fin de l'office à l'envol toujours
    aussi spectaculaire de l'encensoir géant : Le Botafumeiro !

    Je retrouve Gilles, un pèlerin de Cambrai, que j'ai rencontré après Avilés, avec lequel je vais
    déjeuner. C'est à ce moment que Danielle, la pèlerine de Metz, avec laquelle j'ai fait quelques
    bouts d'étape ces derniers jours nous rejoint.
    Au Menu : Pimientos de Padron, Moules et Vino de Ribeira Sacra.

    À 14h30, je vais à l'accueil francophone où je participe avec quelques autres pèlerins dans
    une salle du premier étage du Monasterio de San Martin Pinario à un temps de partage.
    Je vais ensuite Rua do Vilar boire un verre d'Albariño sur une terrasse.
    À 18h30, je retrouve le groupe francophone pour une visite très intéressante des extérieurs
    de la Cathédrale ainsi que l'église des sœurs bénédictines.

    Le soir je vais dîner avec Gilles et Danielle Rua do Franco. Avant de nous séparer, nous allons
    une dernière fois sur la Praza do Obradoiro où comme à l'habitude il y a un groupe de musiciens
    qui est installé sous les arcades du Concello de Santiago.

    Avant de rejoindre ma chambre dans le Seminario Mayor de San Martin de Pinario,
    je mets sur FB et sur le site de l'Association des textes et photos de la dernière partie
    de ce Chemin de la Côte.

     



Voilà, la boucle est bouclée ! Ma douzième pérégrination sur les Chemins de Saint-Jacques
se termine aujourd'hui... Demain matin, je prends le train pour Hendaye...

Quel est le sens de  ces Aventures Jacquaires que j'ai vécues au cours de toutes ces années ?

Je résumerai d'un mot : La Quête.

Qui est ce pèlerin que je suis ?
Dualité du sujet... Dualité du Pèlerin...

Il y a un sujet qui dit "Je"
Et un sujet qui est un "Autre"
Lequel des deux je suis ?
Qui est ce "Je" - Qui est cet "Autre" ?

Celui qui dit "Je" se réfère à son statut social, à ses souvenirs, à son "paraître" dans le monde,
à sa condition de citoyen, à ses relations avec son environnement, ses enfants, son conjoint...

L"Autre" du "Je est un Autre" est celui que le Pèlerin
découvre peu à peu au cours de sa pérégrination...

Au cours de sa longue marche vers Saint-Jacques, le Pèlerin se libère au fil des kilomètres
des fausses apparences de sa vie, il se met à nu en se débarassant de tout le superflu,
de toutes ces enveloppes de protection dans lesquelles il est enfermé pour atteindre
le "Moi Profond" ou "Moi Supérieur" qui est simplement
ce que "Je Suis" dans mon essence première...

C'est le sens que personnellement je donne à cette quête sans fin qui m'a poussé
tout au long de ces années sur les Chemins de Compostelle.

 


 

Santiago,  miroir de nos âmes…
Révélation béatifique, nuage d’incertitude ou abîme de déception…

On ne trouve en arrivant à Santiago que ce qu’on a engrangé
au profond de notre cœur tout au long du Chemin !
C’est cela le vrai miracle !


Deviens ce que tu es… Pure Connaissance… Sat-Chit-Ananda !
L’alchimie taoïste pour réaliser la fusion des trois trésors
que  sont l’essence, l’énergie  et l’esprit…
La sagesse et la compassion du bouddhisme… 
Le Chemin, la Vérité,  la Vie de Jésus le Christ !

L’alpha et l’oméga…

 

Hébergement au Seminario Mayor de San Martin de Pinario
Bel environnement - Tél. 981 56 02 82 
Chambre avec SDB et un petit-déjeuner copieux pour 23 euros
(C'est situé juste en face du portail Nord de la Cathédrale)
 (4 coquilles)

 


    Le beau navire

    Je veux te raconter, ô molle enchanteresse !
    Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ;
    Je veux te peindre ta beauté,
    Où l'enfance s'allie à la maturité.

    Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large,
    Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large,
    Chargé de toile, et va roulant
    Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent.

    Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses,
    Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ;
    D'un air placide et triomphant
    Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.

    Je veux te raconter, ô molle enchanteresse !
    Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ;
    Je veux te peindre ta beauté,
    Où l'enfance s'allie à la maturité.

    Ta gorge qui s'avance et qui pousse la moire,
    Ta gorge triomphante est une belle armoire
    Dont les panneaux bombés et clairs
    Comme les boucliers accrochent des éclairs,

    Boucliers provoquants, armés de pointes roses !
    Armoire à doux secrets, pleine de bonnes choses,
    De vins, de parfums, de liqueurs
    Qui feraient délirer les cerveaux et les coeurs !

    Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large,
    Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large,
    Chargé de toile, et va roulant
    Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent.

    Tes nobles jambes, sous les volants qu'elles chassent,
    Tourmentent les désirs obscurs et les agacent,
    Comme deux sorcières qui font
    Tourner un philtre noir dans un vase profond.

    Tes bras, qui se joueraient des précoces hercules,
    Sont des boas luisants les solides émules,
    Faits pour serrer obstinément,
    Comme pour l'imprimer dans ton coeur, ton amant.

    Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses,
    Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ;
    D'un air placide et triomphant
    Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.


    Charles Baudelaire

     

 

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