Samedi 17 Septembre 2016 : Soto de Luiña > Cadavedo
  > Villademoros  (27 km)

 

Étape 27/38

 


    L'héautontimorouménos

    Je te frapperai sans colère 
    Et sans haine, comme un boucher, 
    Comme Moïse le rocher ! 
    Et je ferai de ta paupière,

    Pour abreuver mon Saharah, 
    Jaillir les eaux de la souffrance. 
    Mon désir gonflé d'espérance 
    Sur tes pleurs salés nagera

    Comme un vaisseau qui prend le large,
    Et dans mon cœur qu'ils soûleront 
    Tes chers sanglots retentiront 
    Comme un tambour qui bat la charge !

    Ne suis-je pas un faux accord 
    Dans la divine symphonie,
    Grâce à la vorace Ironie 
    Qui me secoue et qui me mord ?

    Elle est dans ma voix, la criarde ! 
    C'est tout mon sang, ce poison noir ! 
    Je suis le sinistre miroir 
    Où la mégère se regarde.

    Je suis la plaie et le couteau !
    Je suis le soufflet et la joue !
    Je suis les membres et la roue, 
    Et la victime et le bourreau !

    Je suis de mon cœur le vampire, 
    - Un de ces grands abandonnés 
    Au rire éternel condamnés, 
    Et qui ne peuvent plus sourire !


    Charles Baudelaire
     


Un grain de poésie suffit à parfumer tout un siècle...

José Marti

 



Quelle direction ?


Iglesia de Santiago à Novellana





Le chemin s'enfonce dans la forêt...


Quelques passages en bord de l'océan...


...et d'autres au milieu des eucalyptus...

   
La vache et la citrouille...


Il y a plusieurs cours d'eau qui descendent des collines vers l'océan...


Il y a quelques beaux panoramas sur la côte rocheuse de cette partie
de l'océan qu'on appelle la Mer Cantabrique



Les vaches paisibles sur ce pré qui domine l'océan





 
Encore un bel exemple d'horreo des Asturies


    Je quitte l'Albergue à 6h30 en suivant la carretera avec ma lampe frontale jusqu'à Novellana
    qui est situé à 7 km. Je reprends alors le chemin qui alterne des descentes raides pour traverser
    les arroyos et des montées qui suivent avec de bons dénivelés... C'est un bel environnement de
    forêts plantées surtout d'eucalyptus. Il y a un premier passage près d'une plage de galets et un
    peu plus loin je longe l'océan qui est parsemé d'éperons rocheux et est entouré de falaises qui
    peuvent atteindre près de cent mètres de hauteur !

    C'est un beau panorama qui est animé par le mouvement des vagues qui projettent sur les
    rochers des
    nuages d'écume... Je traverse plusieurs localités où je ne trouve aucun bar ouvert !
    Sur les conseil du Guide de Gérard du Camino, arrivé à Santa Marina (km 12,5) je quitte le
    chemin pour suivre la route afin d'éviter de nouveaux dénivelés inutiles.
    L'étape est assez physique et suivre la route permet d'économiser un peu de fatigue...

    Arrivé à Cadavedo, je vais dans un bar manger une tortilla accompagnée d'une cerveza et je
    continue vers Villademoros situé à 1,2 km pour trouver mon hébergement. Je mets un peu de
    temps pour le trouver et finalement c'est une dame que je rencontre qui m'explique qu'il faut
    aller de l'autre côté de l'Autoroute pour arriver à la Casa Ignacio où j'ai réservé une chambre.

    Je suis bien accueilli, je donne mon linge à laver, je prends ma douche et prends un bon temps
    de repos après cette étape assez longue et plutôt éprouvante...

    Dans la soirée, je retourne à Cadavedo où je fais quelques courses en prévision du petit-déjeuner
    demain matin et je vais au restaurant El Meson où je bois une cerveza en attendant 20h30,
    l'heure du dîner !
    C'est le propriétaire de la Casa Ignacio qui viendra me chercher en voiture pour me ramener
    après un bon dîner composé pour ne pas changer d'une Fabada et d'un bon Vino Tinto !


 

La playa de Ballota  avant d'arriver à Cadavedo
 

 


Hébergement à la Casa Ignacio située 1,5 km après Cadavedo
à Villademoros - Tél. 628 722 372 - 686 838 534
Difficile à trouver - Il faut traverser l'Autoroute
Belle chambre avec SDB + linge lavé et séché pour 25 euros
 (3 coquilles)

 



    La mort des amants

    Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
    Des divans profonds comme des tombeaux,
    Et d'étranges fleurs sur des étagères,
    Écloses pour nous sous des cieux plus beaux.

    Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
    Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux,
    Qui réfléchiront leurs doubles lumières
    Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

    Un soir fait de rose et de bleu mystique,
    Nous échangerons un éclair unique,
    Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;

    Et plus tard un Ange, entr'ouvrant les portes,
    Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
    Les miroirs ternis et les flammes mortes.

    Charles Baudelaire
     

 

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