Lundi 22 Août 2016 : Tres Cantos > Colmenar Viejo   (14 km)

 

Étape 2/38

 


    Casida de la main impossible


    Je ne veux rien qu’une main,
    qu’une main blessée, s’il se peut.
    Je ne veux rien qu’une main,
    même si mille nuits je n’avais pas de lit.

    Elle serait un lis pâle de chaux,
    elle serait une colombe amarrée à mon cœur,
    elle serait le gardien qui la nuit de ma mort
    interdirait absolument à la lune d’entrer.

    Je ne veux rien que cette main
    pour les huiles quotidiennes
    et le drap blanc de mon agonie.
    Je ne veux rien que cette main
    pour soutenir une aile de ma mort.

    Tout le reste passe.
    Rougeur sans nom déjà, astre perpétuel.
    Tout le reste est autre : vent triste,
    tandis que les feuilles en bande s’enfuient.

    Federico Garcia Lorca - Divan du Tamarit
     


  Pèlerin, la mort n'est point l'issue...
Notre vie est éphémère...
Mais elle demeurera pour l'éternité !




Au loin la chaîne de montagnes de la Sierra Guadarrama


L'environnement est agréable grâce aux peupliers qui bordent le chemin...





Un regard attendrissant...


Le décor est planté !


Au loin... la fin de l'étape...


J'arrive en vue de
Colmenar Viejo...


La ville dominée par le clocher de la basilique


Basílica de la Asunción de Nuestra Señora


La Nef centrale


    Je quitte l'Hostal à 7h15 et je prends mon petit-déjeuner dans un bar à côté.
    La sortie de Tres Cantos se fait sans problème en suivant à l'envers les indications
    du guide. Après le franchissement par une passerelle d'une route à grande circulation,
    je marche un moment sur une piste cyclable que je quitte pour descendre par un sentier
    un peu accidenté dans un vallon traversé par de nombreux arroyos à sec.
    À 9h, il fait déjà plus de 30°, mais cette partie du chemin est largement ombragée par des
    peupliers.

    Après une bonne pause pour rafraîchir le gosier et les pieds, j'aborde une longue piste
    sablonneuse et caillouteuse qui fait des zig-zag au milieu de ce qui devait être au
    printemps de belles prairies, et malgré tout, au milieu de ces étendues d'herbe grillée,
    il y a quelque troupeaux de vaches qui peuvent s'abreuver grâce à des citernes alimentées
    par des camions.

    A l'approche de Colmenar, la température avoisine les 40° et j'ai mal aux talons.
    Il y a de nombreux dénivelés assez raides, aussi lorsque j'arrive au Cimetière de cette
    localité, je demande au gardien si je peux me rafraîchir. Il y a un point d'eau, je m'asperge
    abondamment et je prends un petit temps de repos avant de parcourir les 2 kilomètres
    qui me séparent du Centre-Ville. Je vais directement à la Basilique où une jeune fille me
    propose de tamponner ma crédenciale puis je vais boire une cerveza sur la Plaza Mayor.
    Je téléphone à la propriétaire de la Pension Chabeli qui me donne rendez-vous pour me
    conduire à ma chambre.

    Après douche, lavage et repos je vais faire soigner au Centro de Salud les 2 ampoules
    que j'ai attrapées sur les talons.
    (Mon talon d'Achille, comme chaque année, mon tribut à payer pour aller sur le Camino !)
    La jeune femme qui s'occupe de moi fait des miracles et elle me conseille fortement
    d'enduire chaque matin mes pieds de vaseline ce qui selon elle est la meilleure protection
    pour éviter les ampoules !
    J'ai suivi son conseil et au cours des 38 jours de marche qui ont suivi, je n'ai attrappé
    aucune autre ampoule et j'avais les pieds dans un état impeccable !!
    (Comme quoi, malgré toutes mes pérégrinations au cours des années précédentes,
    j'ai toujours quelque chose à apprendre !)


    Le soir, dîner sur la Plaza Mayor (Plato Combinado, Cerveza et Pacharan) avec comme
    décor de belles illuminations en préparation d'une fête prochaine...

     

 

Les illuminations sur la Plaza Mayor
 

 

Hébergement dans une annexe de la Pension Chabeli
Tél. 626 88 22 37
Prix pour la nuit :  20 euros
C'est le strict minimum
(2 coquilles)



    Gacela de l'amour imprévu

    Nul ne comprenait le parfum
    du magnolia sombre de ton ventre.
    Nul ne savait que tu martyrisais
    un colibri d’amour entre tes dents.

    Mille petits chevaux perses s’endormaient
    sur la place baignée de lune de ton front,
    tandis que moi, quatre nuits, j’enlaçais
    ta taille, ennemie de la neige.

    Entre plâtre et jasmins, ton regard
    était un bouquet pâle de semences.
    Dans mon cœur je cherchais pour te donner
    les lettres d’ivoire qui disent toujours,

    Toujours, toujours : jardin de mon agonie,
    ton corps fugitif pour toujours
    le sang de tes veines dans ma bouche,
    ta bouche sans lumière déjà pour ma mort.


    Federico Garcia Lorca
     


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