Dès 6h, l'Albergue San Javier fourmille comme une ruche... Ici et là des ombres émergent des lits dans un dortoir encore dans la pénombre et peu à peu le remue-ménage s'accentue, les lampes frontales projettent leurs faisceaux alentour et les dormeurs les plus récalcitrants finissent par céder au mouvement général de la préparation des sacs et des derniers préparatifs, avant d'aller rejoindre les pèlerins sur le départ et plonger dans la ville encore endormie traversée bientôt par des files de pérégrinants en marche vers l'inconnu d'une nouvelle étape sur le Camino Francés !
En sortant d'Astorga, je m'arrête dans un bar prendre un petit-déjeuner et je suis bientôt happé par le flot des pèlerins ce qui est tellement inhabituel pour moi qui ai marché pendant 5 semaines dans une grande solitude ! Petit à petit, les groupes s'espacent... Il y a une belle pleine lune qui fait suite à l'éclipse de cette nuit et un beau lever de soleil. Je marche sans doute plus vite qu'habituellement et je dois m'arrêter pour faire quelques étirements, alerté par une douleur à la cuisse gauche. J'essaye d'être vigilant et de garder mon rythme normal de marche.
Je traverse plusieurs villages sans m'arrêter, malgré tous les lieux qui offrent café, thé, gâteaux, bocadillos etc... L'étape est assez longue et j'aimerais aller jusqu'à Foncebadon. J'arrive à midi à Rabanal del Camino, là où j'avais fait étape en 2005. Ensuite, le chemin qui grimpe est agréable, un peu en retrait d'une petite route. Je fais une pause pour rafraîchir les pieds et reposer les jambes. Il y a ensuite quelques passages en sentier assez raides et rocailleux avant d'arriver à Foncebadon petit hameau perdu dans la montagne qui doit sa principale activité au passage des pèlerins.
Je vais à l'Albergue Associative Monte Irago qui est bien installée et offre des boissons et de la nourriture. Malheureusement, cela s'est mal passé pour moi ! Après les formalités au bureau, on me dit de monter à l'étage pour prendre un lit. Comme tout est complet, je vais au 2ème étage où il n'y a personne. Je m'installe et alors que je me repose, une jeune femme de l'accueil me demande ce que je fais là et me demande de prendre mes affaires et de redescendre. Comme je ne bouge pas, elle appelle un autre hospitalier qui m'agresse véritablement en me mençant de prendre mes affaires pour libérer les lieux sous prétexte que cet étage est fermé ! Je dois m'exécuter et on me trouve un lit au 1er étage. Une heure plus tard, comme de nouveaux pèlerins arrivent, des cyclistes espagnols, cette fois on ouvre le 2ème étage et il n'est plus question de dire qu'il est fermé ! Donc mauvais accueil, hospitaliers qui n'en sont pas et je regrette mon choix de cet Albergue ! Je me console avec une assiette de pois chiches et un verre de vin blanc, puis comme il y a la WIFI, j'envoie des mails, des photos et je peux communiquer avec ma compagne en omettant cet épisode malheureux qui m'a quand même bien affecté !
Le soir, le dîner est servi en commun dans la salle à manger : Paella végétarienne, charcuterie et salade... Avant d'aller me coucher, je vais faire un tour dans le hameau pour profiter d'un moment de silence dans cette nuit étoilée où je retrouve un peu de sérénité.
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