Jeudi 24 Septembre 2015 : Granja de Moreruela > Benavente - 26 km

 


    Litanies de la Solitude


    La Solitude sert de cloison étanche entre l'homme et Dieu.
    Le Solitaire :
    Un être qui étant homme encore, n'est pas encore un dieu :
    c'est une affaire de temps, il ne s'agit que de tenir.

    La Solitude est une neutralité.
    Le Solitaire, dont chacun rit, est celui que chacun voudrait être.
    La Solitude est la virginité de l'humanité.
    La Solitude n'est pas une fuite mais un refuge.
    Le Solitaire est un roi sans peuple, à tout seul il y supplée.
    La Solitude apprend à croire en soi.

    La Solitude c'est l'égoïsme des autres.
    La Solitude est un sacerdoce.
    La Solitude est une responsabilité.
    Le Solitaire est le damné d'un paradis.
    La Solitude est un vide qui fait son plein.
    La Solitude inspire l'amour sacré de la femme.
    La Solitude est une transfiguration.
          
    Solitude, présence dans l'absence. 


    Saint-Pol-Roux

     





Géométrie des couleurs
le cœur a des angles
pour les larmes...

  



...et voici du rouge


 ...qui fait ma vie bariolée...


...simplement un beau lever de soleil qui enchante le pèlerin...

                               
         
Saint-Roch                                                                      Stèle de la Plata


Clocher de la Iglesia de Santovenia de Esla


Un pigeonnier à Villaveza del Agua


Le clocher de la Iglesia de Barcial del Barco


Le rio Esla


Le Gardien de Benavente


Hommage aux courageux qui courent devant les taureaux lors des encierros


Vue sur la façade de l'Hospital de la Piedad



Iglesia Santa Maria de Azogue (Benavente)

             


                

 


    Je quitte l'Albergue à 7h20. C'est juste derrière l'église de Granja de Moreruela que le Chemin se divise :
    À gauche le Camino Sanabrés.
    À droite la continuation de la Via de la Plata.

    Je prends celui de droite, alors que la majorité des pèlerins sur ce chemin bifurquent à gauche et suivent le Camino Sanabrés.
    Au cours des premiers kilomètres, l'itinéraire alterne de longues pistes caillouteuses avec quelques chemins campagnards bordés
    de vergers et d'arbres fruitiers. Ainsi, j'ai mes fruits pour la journée : raisin, figues et pommes. Au premier village, je m'arrête
    pour boire un cafe con leche et au deuxième village je fais une pause un peu plus longue avec coca et tapas.

    L'itinéraire est un peu monotone et comme je suis seul, je peux à nouveau déclamer le Transsibérien et les poèmes appris
    depuis Valencia. La fin du parcours est plus difficile. J'ai l'impression de faire un détour inutile pour rejoindre Benavente.

    J'ai vu par la suite qu'il y avait un autre itinéraire qui permettait d'atteindre directement cette localité et ainsi gagner 2 km.
    J'arrive au centre de Benavente sur la Plaza Mayor. A 17h, l'Oficina de Turismo ouvre et je suis accueilli par une jeune femme
    sympathique qui se met en quatre pour me donner toutes les informations utiles pour la suite du Chemin jusqu'à Astorga.

    Je vais ensuite à l'Albergue situé en contrebas de la ville dans l'ancienne gare désaffectée.
    Je m'installe et vais faire un tour en ville avant la nuit pour visiter l'église Santa Maria de Azogue où je peux admirer deux
    belles statues : Une de Saint-Jacques et l'autre de Saint-Roch.

    Je fais quelques courses à la pharmacie et dans une tienda pour le petit-déjeuner demain matin, puis je vais dans un bar
    où j'ai la WIFI pour mes envois de photos et de mails.
    Je vais dîner en me régalant de Pimientos de Padron, plat que j'aime particulièrement, accompagné de quelques verres
    de vin blanc Albariño.
     

 


Hébergement à l'Albergue de Peregrinos
Situé en contrebas de la cité dans l'ancienne gare
12 places - Sanitaires - Salle à manger et cuisine
Machine à laver - Terrasse
Tél. Oficina de Turismo : 980 63 42 11
 3 Coquilles

 

 


    Les litanies de la Mer


    Ô Mer ancienne et jeune, gracieuse et farouche, reine des pavois en fête, souveraine des tempêtes.
    Ô Mer, accorde ta miséricorde  à ces pécheurs venus pour déposer la caresse ingénue de leurs yeux
    sur la risée de ta joue bleue ! De grâce, reste la clémente envers les braves gars à l'âme simple que
    voici mains jointes et genoux pliés au fond de leurs chaloupes si petites parmi toi si grande.

    Ô Mer des fils et des aïeux daigne sourire aux soufflets pacifiques de nos avirons, souris encore
    à l'innocente égratignure de nos hameçons, puis qu'une brise sereine arondisse en fruits mûrs
    babord ou tribord amures nos taillevents et nos misaines, et que ton cœur profond fasse taire là-bas
    marsouins et bélugas qui sont les ogres des sardines, mignons petits poucets de l'abîme, qui vont par
    bancs semblables à des tas  d'argent et que les filles des usines serrent dans des boîtes mêmement
    qu'images, fleurs ou papillons dans le missel de leur première communion.

    Et sois, mer de Bretagne, sois hospitalière à ces filets qui nous font vivre afin que lourds on les retire
    de tes flancs féconds comme on tire un délivre où chante l'avenir !

    Enfin, les noirs démons de tes rafales, à jamais amarre-les dans les cavernes de ces côtes,
    fabuleuses grottes que tu fermeras avec les épaves, mâts brisés, gouvernails rompus,
    coques défoncées, de tous les navires engloutis depuis ta première colère, Océan,
    et que les coups d'aile des guilloux, des goëlands, des mouettes et des cormorans signifient
    désormais sur nos fronts tes gestes d'espérance et de bénédiction !

    Saint-Pol Roux
     





                          Statue de Saint-Jacques
            dans la Iglesia Santa Maria de Azogue

 

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