Samedi 19 Septembre 2015 : Medina del Campo > Siete Iglesias >
Castronuño - 32,6 km

 

    Matin

    J'ai faim de tes cheveux, de ta voix, de ta bouche, 
    sans manger je vais par les rues, et je me tais, 
    sans le soutien du pain, et dès l'aube hors de moi 
    je cherche dans le jour le bruit d'eau de tes pas. 

    Je suis affamé de ton rire de cascade, 
    et de tes mains couleur de grenier furieux, 
    oui, j'ai faim de la pâle pierre de tes ongles, 
    je veux manger ta peau comme une amande intacte, 

    Et le rayon détruit au feu de ta beauté, 
    je veux manger le nez maître du fier visage, 
    je veux manger l'ombre fugace de tes cils, 

    J'ai faim, je vais, je viens, flairant le crépuscule 
    et je te cherche, et je cherche ton cœur brûlant 
    comme un puma dans le désert de Quitratùe.

    Pablo Neruda



Le matin en quittant Medina del Campo encore endormi...


Matin paisible dans les prés où ces vaches broutent l'herbe qui se fait rare en cette fin d'été...


Les machines à vendanger prêtes à passer à l'attaque...


Les plaines agricoles qui s'étendent à l'infini...


L'arrivée en vue du pueblo
Nava del Rey





 Nava del Rey


Ô Berger, où sont passées tes brebis ?


L'église de Nava del Rey




    
Une demi-étape en compagnie de Heinrich, pèlerin allemand


Le berger a retrouvé ses brebis


Le serpent sous les pas du pèlerin...





C'est là qu'il faudrait faire une pause... à Siete Iglesias de Trabancos


Heinrich marche vite et j'ai peine à le suivre...


Mamelon boisé


Le chemin serpente au creux de ces collines...


L'arrivée en vue de
Castronuño





La Iglesia Santa Maria del Castillo à Castronuño





Les gardiens de l'église...


    Je quitte l'Hostal à 7h. Le temps de traverser la ville, le jour se lève quand j'arrive sur le chemin agricole que je vais
    suivre jusqu'à Dueñas de Medina. Ensuite, longue piste parfois montante au milieu des cultures céréalières qui
    s'étendent à l'infini. Il y a aussi de grandes surfaces de vignobles que d'énormes machines vont bientôt investir
    pour des vendanges mécaniques qui font oublier les vendanges de mon enfance où je coupais les grappes avec des
    sécateurs et j'en remplissais mon seau !...

    Comme je traverse Nava del Rey, je suis rejoint par un pèlerin allemand, Heinrich, avec lequel je vais boire un verre
    d'amitié au premier bar qui se présente et nous finirons l'étape ensemble. C'est la seule étape de tout ce Chemin du
    Levant où j'ai marché en compagnie d'un autre pèlerin.

    Mon compagnon marche d'un bon pas et je le suis tant bien que mal !... C'est le temps de l'échange et du partage
    et après toutes ces journées de marche solitaire, j'apprécie ce compagnonnage d'un jour ! Nous arrivons, après avoir
    traversé de grandes plaines et affronté de nombreux raidillons, à Siete Iglesias de Trabancos où j'avais prévu de faire
    étape. Mais comme il est de bonne heure et que mon compagnon a prévu de faire étape plus loin, je décide d'aller
    jusqu'à Castronuño distant de 8,5 km.

    Nous faisons une pause dans un bar attenant à la Casa de Cultura où je profite, tout en buvant un coca, de me rafraîchir
    les pieds pour éviter les ampoules, car il fait encore une bonne chaleur !
    Le parcours est très agréable, avec une suite de vallonnements, des bosquets de pins, des vignes et toujours ces longues
    pistes en lacets avec montées et descentes parfois abruptes. Je m'arrête à l'entrée du pueblo de Castronuño où se trouve
    la Casa Rural où j'ai réservé mon hébergement par téléphone lors de la pause à Siete Iglesias. Heinrich préfère aller à
    l'Albergue qui n'est pas mentionné dans mon guide mais qui selon lui doit exister ! J'attends devant la Casa Rural une
    petite demi-heure mon hôtesse Mercedes qui parle bien français et qui m'installe dans une belle chambre à l'étage avec
    salle de bains, terrasse et cuisine pour un coût de 25 euros. Je pourrai ainsi faire une bonne lessive et sur la terrasse,
    mon linge sera sec avant la nuit !

    Un peu plus tard, je retrouve Heinrich devant l'église et comme il n'y a pas de restaurants ouverts, nous allons dîner
    au-dessus du village à la discothèque où du monde est venu pour une fête du village. Après une soirée bien arrosée
    dans une ambiance typique espagnole, nous nous séparons avec Heinrich, car demain il a prévu de partir très tôt pour
    une longue étape jusqu'à Zamora (50 km) !!!
    Quant à moi, j'ai un peu de mal à retrouver mon chemin jusqu'à la Casa Rural où je loge...

     



Lien avec le commentaire "Chemin du Levant"




Hébergement à la Casa Rural Mercedes à Castronuño - 13 calle Fuentelcaño
Tél. 608 48 00 21 - L'hôtesse parle français
J'ai une grande chambre, une salle de bains,
une terrasse pour faire sécher mon linge et ce qu'il faut pour le petit-déjeuner.
 4 Coquilles

 



    La Morte


    Mais non, pardonne-moi. 

    Si toi tu ne vis plus, 
    Si toi, ma chérie, mon amour, 
    Si toi 
    Tu meurs, 
    Toutes les feuilles tomberont sur ma poitrine, 
    Il pleuvra sur mon âme nuit et jour, 
    La neige brûlera mon cœur, 
    J'avancerai avec du froid, du feu, la mort, la neige, 

    Mes pieds voudront marcher vers le lieu où tu dors, 
    Pourtant 
    Je resterai vivant, 
    Puisque tu m'auras aimé sur toutes les choses 
    Indomptable 

    Et que tu sais bien, mon amour,
    Que je ne suis pas seulement 
    Un homme 
    Mais tous les hommes.

    Pablo Neruda
    in Les Vers du Capitaine




                               Le Rio Duero qui s'étale au pied de Castronuño

 

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